Vous avez peut-être déjà vu une bouteille jaune et verte sur un bateau de plongée, ou entendu quelqu’un dire qu’il allait « plonger au Nitrox ». Si vous ne plongez pas encore, tout ça peut sembler très technique. En réalité, l’idée de base est simple, et une fois qu’on a compris le principe de base tout le reste devient évident. 

D’abord, un petit détour : que se passe-t-il dans votre corps quand vous plongez ?

Pour comprendre le Nitrox, il faut d’abord comprendre un phénomène de base de la plongée : l’air que vous respirez sous l’eau (et en surface tout les jours) n’est pas juste de l’oxygène. C’est un mélange, et l’essentiel de ce mélange, environ 4 fois plus que l’oxygène, c’est de l’azote, un gaz totalement invisible et inodore qu’on respire chaque jour, sans y penser, toute la journée. En surface, votre corps en contient déjà, en permanence, sans que ça pose le moindre problème.

Sous l’eau, la pression augmente avec la profondeur, et cette pression pousse littéralement plus de gaz à se dissoudre dans votre sang et vos tissus qu’en temps normal. C’est exactement le même principe qu’une bouteille de soda fermée : tant que le bouchon reste vissé et que la pression est maintenue à l’intérieur, le gaz carbonique reste dissous dans le liquide, invisible. Ouvrez le bouchon d’un coup, et la pression retombe brutalement : le gaz ressort en une multitude de bulles.

Votre corps fonctionne un peu pareil sous l’eau. Plus vous restez longtemps et plus vous plongez profond, plus vous « chargez » votre organisme en azote dissous, exactement comme une bouteille de sodastream qui vous permets de créer chez vous l’eau pétillante. Tant que vous restez sous l’eau, sous pression, cet azote ne pose aucun problème : il reste dissous, tranquillement, comme le gaz dans la bouteille fermée.

Le moment délicat, c’est la remontée, le moment où la pression diminue. Si vous remontez trop vite, c’est exactement comme dévisser le bouchon d’une bouteille bien secouée d’un seul geste : la pression chute trop brutalement pour que le gaz ait le temps de ressortir en douceur, et il se transforme en petites bulles à l’intérieur même du corps. Ces bulles peuvent bloquer la circulation sanguine ou comprimer des tissus, ce qui provoque ce qu’on appelle un accident de désaturation.

C’est pour cette raison très concrète que les plongeurs remontent toujours lentement, et que certaines plongées imposent une pause obligatoire à quelques mètres de la surface, appelée un palier : le plongeur reste immobile à une profondeur précise pendant quelques minutes, le temps que l’azote en excès ait le temps de ressortir progressivement, un peu comme on dévisserait le bouchon de la bouteille de soda par petits quarts de tour, en laissant le gaz s’échapper doucement plutôt que d’un coup. Aujourd’hui, un ordinateur de plongée porté au poignet calcule tout ça en temps réel et indique exactement combien de temps rester, et à quelle profondeur : vous n’avez pas besoin de faire le calcul vous-même.

Et cet azote accumulé ne disparaît pas non plus instantanément une fois de retour en surface : il continue à s’évacuer lentement pendant plusieurs heures. C’est pour ça qu’enchaîner plusieurs plongées dans la même journée demande d’en tenir compte à chaque nouvelle plongée.

Le Nitrox, c’est quoi alors ?

Maintenant que vous savez que l’azote est le gaz qui pose problème, le Nitrox devient facile à comprendre : c’est simplement de l’air avec moins d’azote et plus d’oxygène que l’air normal.

L’air classique, c’est environ 21 % d’oxygène et 79 % d’azote. Les mélanges Nitrox les plus courants, appelés EAN32 et EAN36, contiennent respectivement 32 % et 36 % d’oxygène, donc moins d’azote en échange. Rien de plus compliqué que ça : on remplace une partie de l’azote par de l’oxygène en plus.

Pourquoi ça change vraiment quelque chose

Puisqu’il y a moins d’azote dans l’air que vous respirez, votre corps en absorbe moins pendant la plongée. Vous « chargez » votre organisme plus lentement.

Concrètement, ça se traduit par deux choses très appréciées des plongeurs : vous pouvez rester plus longtemps sous l’eau en sécurité, et vous êtes généralement moins fatigué après une plongée, ou après plusieurs plongées dans la même journée. C’est particulièrement utile en vacances, quand on enchaîne deux ou trois plongées par jour, plusieurs jours de suite.

Ce que le Nitrox ne fait pas, et c’est le piège classique

Voici l’erreur la plus commune chez les débutants : penser que le Nitrox permet de descendre plus profond. C’est en réalité l’inverse.

Pourquoi ? Parce que l’oxygène, qu’on associe naturellement à quelque chose de bon et de sûr (on en a besoin pour vivre, après tout), devient toxique pour le corps quand il y en a trop, sous forte pression. Et plus vous descendez profond, plus la pression augmente, et avec elle la concentration de chaque gaz que vous respirez, oxygène compris. Avec un mélange déjà plus riche en oxygène au départ, vous atteignez ce seuil de toxicité à une profondeur moins importante qu’avec de l’air classique.

En pratique, un plongeur au Nitrox EAN32 doit rester au-dessus d’environ 33 mètres, et un plongeur au Nitrox EAN36 au-dessus d’environ 28 mètres, contre 60 mètres pour un plongeur loisir à l’air (au-delà, d’autres limites de sécurité entrent en jeu). Le Nitrox n’est donc pas fait pour aller plus loin, mais pour profiter plus confortablement des profondeurs modérées. C’est ce qui explique pourquoi il se marie très bien avec une formation comme le PA20.

Ce que vous apprendrez pendant la formation

Une fois ce principe de base compris, la formation Nitrox va plus loin et vous rend totalement autonome sur le sujet :

  • Les bases du Nitrox et ce qu’il vous permet de faire une fois la formation terminée.
  • Faire les calculs vous-même. Jusqu’à quelle profondeur vous pouvez descendre selon le mélange que vous respirez (les plongeurs appellent ça la « profondeur maximale d’utilisation »), et comment cette limite change d’un mélange à l’autre.
  • Ce que le Nitrox apporte, et ce qu’il n’apporte pas. Pour ne jamais tomber dans le piège de croire qu’il permet d’aller plus profond.
  • Reconnaître et éviter les deux risques liés à trop d’oxygène : une réaction soudaine et sérieuse en cas d’exposition trop importante en peu de temps, et une irritation plus progressive des poumons en cas d’exposition prolongée. Vous apprenez à reconnaître les signes de chacune et, surtout, à les éviter complètement en respectant les profondeurs recommandées.
  • Un réflexe à prendre à vie : analyser soi-même sa bouteille avant chaque plongée, pour vérifier exactement quel mélange on s’apprête à respirer. C’est un geste simple, mais non négociable, que tout plongeur Nitrox doit prendre l’habitude de faire.

Pourquoi presque tous les plongeurs finissent par le faire

Le Nitrox n’a rien d’une formation réservée aux experts : c’est une formation courte, accessible dès le Niveau 1 dans la plupart des structures, pour un bénéfice que vous ressentez concrètement dès la plongée suivante : moins de fatigue, plus de temps sous l’eau. Beaucoup de centres de plongée à l’étranger le proposent même par défaut sur leurs sorties. Autant l’apprendre une bonne fois pour toutes plutôt que de s’interroger à chaque nouveau voyage.

Questions fréquentes

Faut-il être un plongeur expérimenté pour commencer le Nitrox ?
Non, c’est accessible dès le Niveau 1 dans la plupart des structures. Ce n’est pas réservé aux plongeurs confirmés.

Le Nitrox, c’est de l’oxygène pur ?
Non, c’est un mélange d’air classique avec un peu plus d’oxygène. Jamais de l’oxygène pur, qui serait dangereux à respirer sous pression.

Est-ce que ça coûte beaucoup plus cher ?
Un peu plus qu’une bouteille d’air classique, mais l’écart reste modeste comparé à la sécurité gagné.


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